Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la chouette n’est pas la femelle du hiboux. Il s’agit en réalité de très proches parents. Tous deux sont des rapaces nocturnes de la famille des strigidés. La famille des strigidés compte 215 représentants dans le monde. En France, on peut en rencontrer environ une dizaine d’espèces. Si ce n’est la présence d’oreilles chez les hiboux il n’y a pas de différences fondamentales entre les chouettes et les hiboux au point que nombre de langue en ce monde les désignent sous un seul et même vocable : en allemand ils sont tous les deux « Eule », en anglais owl.
Comme dit plus haut, il existe différent type de chouette, mais toute sont membres de l’ordre des strigiformes, hormis l’effraie qui est un tytonidé membre de la famille des strigidés. Chacune d’entre elle a un mode de reproduction bien précis et un type de nid différent que nous allons vous présenter.

Description :
C’est une petite aux yeux jaune-citron, cernés de khôl, au regard perçant et interrogateur.
Longueur : 22 cm
Envergure : 55 cm
Poids : entre 140 et 200 g
Quand elle est excitée, elle remonte sa queue comme a aussi l’habitude de le faire un roitelet.
Habitat et répartition
Elle est nicheuse partout en France à l’exception de la Corse. Dans le bassin méditerranéen, il est courant de dire qu’il y a une chevêche par olivier.
Alimentation
Elle se nourrit de gros insectes comme des grillons et des courtilières (ou taupes-grillons), des vers de terre et des moineaux. Les chevêches chassent à l’affut, souvent perchées sur un poteau. Elles furent les principales victimes des pièges à poteau fort heureusement interdits de nos jours. Ces pièges à mâchoires étaient tendus en permanence sur les poteaux à proximité d’un terrain dégagé et n’avaient besoin d’aucun appât ni entretien pour attendre leurs victimes. C’est en se posant parfois plusieurs mois après qu’il ait été placé que l’oiseau déclenchait le mécanisme de fermeture des mâchoires.
Reproduction
Nid sommaire dans un trou d’arbre ou de bâtiment. L’unique ponte a lieu entre avril et juin. Les oeufs blancs, au nombre de 3 à 5, éclosent au bout de 4 semaines.
Indice de présence
Les pelotes sont grises, de 20 à 40 cm de longueur pour un diamètre de 15 mm. Elles ont la particularité de contenir des fragments chitineux venant des élytres des coléoptères consommés ainsi que des fragments de terre venant eux des lombrics.

Description
C’est une petite trapue. Tête ronde, queue carrée avec des yeux jaunes surlignés d’une bande blanche qui adoucit le regard. Le plumage est un camaïeu de taches blanches, grises et brunes. Elle n’est pas plus grande qu’un merle.
Longueur : 16 cm
Envergure : 35 cm
Poids : 60 g
Alimentation
Elle chasse à l’affût et poursuit ses proies en vol à la façon d’un épervier. Elle est spécialisée dans les petits oiseaux (mésanges, pinsons et roitelets) mais comme tous les rapaces une bonne partie du bol alimentaire est constituée de petits rongeurs.
Indices de présence
Les pelotes sont petites, 20 à 30 mm pour un diamètre de 10 mm.
Le cri est une longue, très longue succession de « hu » et de « hou » qui peut durer des heures avec de courtes interruptions.
Reproduction
Ne se reproduit en France que dans sept départements de l’Est (dans les massifs des Vosges, du Jura et des Alpes).
Recycle un trou fait par un pic-épeiche pour faire son nid en avril-mai. Elle pond 5 oeufs blancs qu’elle couve pendant un mois. Les petits sont nidicoles et ne deviennent indépendants qu’un mois après avoir quitté le nid.

Description
C’est la plus grande des petites. Elle mesure 25 cm. Son envergure est de 60 cm. Son poids est de 110g pour le mâle et de 200g pour la femelle.
Elle a une allure plutôt compacte et ses ailes sont courtes. Sa tête est presque de forme rectangulaire. Le bec est jaune. Les pattes sont recouvertes de plumes blanches. L’ensemble de la robe est à dominante marron avec des taches blanches arrondies.
Habitat et répartition
C’est un oiseau des forêts froides. Il est totalement absent à l’ouest d’une ligne qui va du centre des Pyrénées aux Ardennes ainsi que sur le pourtour méditerranéen, Corse comprise.
Elle est sédentaire.
Alimentation
Cette chouette mange des petits oiseaux forestiers (pinsons et mésanges) ainsi que des micromammifères.
Elle est douée d’un sens de l’ouïe exceptionnel. Un observateur, placé dans un affut à une petite dizaine de mètres d’une chouette de Tengmalm, a constaté qu’il attirait son attention et lui faisait tourner la tête à chaque fois qu’il avalait sa salive !
Reproduction
Le nid est souvent dans un trou fait par un pic-noir. Il y a une seule ponte de 6 oeufs blancs qui sont couvés pendant un mois par la femelle. Les petits sont nidicoles et quittent le nid au bout de 6 semaines.
Indices de présence
Si vous repérez un trou de grand pic-noir, grattez l’écorce de l’arbre dans lequel il se trouve. La chouette viendra (peut-être) mettre le bec au bord de son trou comme pour se renseigner de l’identité de l’intrus qui vient la déranger.

Description
Envergure : 90 cm
Poids : De 250 à 350 g
Taille : 35 cm
Ce qui frappe avant tout chez la chouette effraie c’est sa face aplatie en forme de coeur et la clarté de son plumage. Elle a une allure allongée, les ailes sont larges et longues. La queue est courte.
L’oeil est gros et noir. Le bec est long et mince de couleur grise allant vers le jaune.
Le plumage est, suivant les âges et les individus, un camaïeu de roux, de gris et de blanc.
Alimentation
Toutes sortes de petits rongeurs (mulots, campagnols, souris), des musaraignes, des grenouilles et des petits oiseaux.
Répartition
Elle est présente et nicheuse partout en France. Les effectifs hivernaux sont renforcés par des oiseaux venus de l’Est de l’Europe.
Reproduction
Le nid est plutôt un matelas sommaire fait de pelotes de réjection situé le plus souvent dans un endroit inaccessible d’une grange ou d’un grenier. Il y a en général deux pontes par an. La seconde, celle de l’été, est plus importante que la première et peut avoir jusqu’à 9 oeufs contre 7 au maximum pour celle du printemps. Les oeufs de couleur blanche sont couvés pendant un mois. Les éclosions ne sont pas synchronisées. Les petits peuvent avoir jusqu’à deux semaines de différence d’âge.
Les pelotes de réjections sont foncées et brillantes quand elles sont fraîches. Elles deviennent grises et ternes en vieillissant. La longueur varie entre 40 et 75 mm. Le diamètre est de 15 à 30 mm.

C’est une chouette de taille moyenne, au plumage clair barré de lignes horizontales foncées.
Normalement elle ne s’aventure pas au sud de la Scandinavie. Les dernières observations en France remontent au début du 19 ème siècle, elles se situaient en Alsace et en Lorraine.

C’est un gros oiseau blanc taché de noir qui normalement ne quitte pas les régions arctiques. Il a été vu en hiver dans le nord et l’ouest de la France. L’origine sauvage des oiseaux aperçus n’est pas certaine car des harfangs sont détenus en captivité. Les archives font états de rencontre dans la Manche en 1876 et en 1993, dans le Finistère en 1976 et en 1992 et 1993 ; les Ardennes et le Nord en 1989.

La chouette hulotte
Description
Elle a une silhouette massive et une tête ronde et forte. La face est rousse ou grise. Le plumage est brun à gris-brun. Les épaules sont marquées d’une bande blanche sur les ailes. Le bec est court et crochu de couleur vert jaunâtre.
Longueur : 40 cm
Envergure : 1 m
Poids : environ 400 g pour le mâle ; 500 g pour la femelle.
Répartition et habitat
Elle aime l’alternance terrains boisés et plaines bocagères. Elle se plait également à proximité des installations humaines. De plus, elle est présente et nicheuse partout en France, sauf en Corse.
Reproduction
Une seule ponte par an dans un arbre creux, ou une grange. Entre 2 et 5 oeufs blancs qui sont couvés pendant environ un mois. Les jeunes sont nidicoles. Ils quittent le nid après 4 semaines mais restent cachés pendant plusieurs semaines dans des feuillages à sa proximité.
Alimentation
En ville, la hulotte mange volontiers des étourneaux, des pigeons et des moineaux. Son régime est en général constitué de mulots, de campagnols et de rats agrémentés à l’occasion de grenouilles et d’insectes.
Indices de présence
Les pelotes de réjection sont grises. Long : de 25 à 50 mm ; diamètre : 20 mm.
Le cri ou hululement (ou ululement) est audible de septembre à avril. Outre les « hou-hou » tellement nécessaires à l’ambiance nocturne, qu’ils envahissent artificiellement la bande sonore de tous les films de fiction, les hulottes développent toute une gamme de sons qui vont du grognement aux soupirs énamourés en passant par les cris d’apprentissage des juvéniles qui eux résonnent pendant tout l’été.

Tout d’abord, la vue. Ces animaux ont une grande quantité de bâtonnets à carotène (50 000 au mm² chez la hulotte qui a des globes oculaires plus gros que les globes humains) qui confèrent une exceptionnelle vision nocturne et une sensibilité à la lumière 100 fois supérieure à la nôtre.
Le champ de vision en lui-même est relativement restreint. Il est environ de 150° avec 60° de vision binoculaire qui permet une perception en relief. Toutefois, pour contrer ce problème, la tête est pourvu d’une capacité de rotation de 270°. Leur vision rapprochée n’est pas très performante mais des vibrisses situées autour du bec (des moustaches tactiles) les aident à combattre cette presbytie.
Leur ouïe est également très performante. Bien qu’ils n’aient pas de pavillon externe à proprement parler. La gamme de sons perçus est très large. Elle va des sons suraigus émis par les micro-mammifères aux tonalités très basses des nocturnes eux-mêmes. Les sons sont canalisés vers les conduits auditifs par les disques faciaux qui grâce à l’orientation et à la texture de leurs plumes peuvent aller chercher ceux qui viennent de derrière et les renvoyer vers l’oreille interne. Ainsi c’est presque toute la tête de l’oiseau qui agit comme un pavillon auditif externe.
Pour finir, leur capacité d’être discret en vol en font de redoutable prédateur. En effet, les ailes portent sur leurs grandes plumes des barbes raides et espacées qui rendent silencieux le flux d’air déplacé. La partie supérieure des plumes a une texture velouteuse qui semble restreindre l’émission des bruissements d’ailes.
N’hésitez pas à réserver notre chambre si vous souhaitez être aux plus proches de ces animaux.